Bucarest, place Amzei. Restaurant Harbour. Ils sont là, côte-à-côte. Beaux. Presque appétissants. Je les observe de trois quarts arrière, dans ce café dont les baies sont largement ouvertes pour laisser passer un peu d’air et apaiser, timidement, la touffeur du dehors. Le tenancier a fait installer une batterie de brumisateurs qui envoient à intervalles réguliers des nuages perlés et rafraîchissants. On pourrait se croire en Bretagne.
Archives de l’auteur : Alex Décotte
Lopettes et Antilopes
Les élections sont chose trop sérieuses pour qu’on n’en rie pas. Tel était en substance le message de Ferdinand Lop, éternel candidat à tous les postes de la République. Contre le boire, le manger et les honneurs, il se déplaçait volontiers dans les coins les plus reculés de l’Hexagone. La preuve : il vint jusque chez nous.
La rencontre avec Maximilien
C’était au printemps de 1968. Revenu depuis peu d’Allemagne, je m’étais installé à Lausanne, chemin de Boissonnet. Une adresse qui rappellera quelque chose à beaucoup d’entre vous puisque c’était aussi celle de Maximilien, d’Eva et de leur chien du désert, Zumri. Mais ça, je ne le savais pas encore puisque je ne les avais jamais rencontrés : ils naviguaient depuis plusieurs mois au fin fond du désert.
Jean Liardon a 70 ans
Cher Jean,
Pour m’être intéressé à la vie de Jacques Brel, je savais que tu lui avais ouvert le chemin du ciel. Rien de plus. Tu n’étais encore pour moi qu’un nom sans voix et sans visage. J’ai débarqué un jour avec ma petite caméra et nos deux timidités se sont soudain estompées.
A Isabelle Vichniac
Quel que soit notre âge, nous avons tous besoin de repères, de buttes témoin, de diapason. Dans le journalisme comme dans l’amitié, Isabelle et Jacques ont été ces repères, ce diapason. C’est à l’amitié de Jacques que je dois d’avoir débuté dans le journalisme, à l’émotion d’Isabelle que je dois d’avoir découvert rue de Beaumont les joies, les malheurs, les combats de tant de nos semblables, à notre porte ou à l’autre bout de la planète. Avec elle, avec eux deux, le monde n’était plus tout à fait le même. Ils m’ont donné le goût, peut-être même le devoir, d’aller à sa rencontre et d’y aller différemment.
La Roumanie est européenne
La Roumanie est européenne. Officiellement depuis le 1er janvier 2007. En réalité, depuis toujours. Voilà 2000 ans, les troupes romaines de Trajan apportaient aux Daces des Carpates une langue latine et, donc, européenne. Les Daces, eux, n’avaient pas attendu les Romains pour être européens. Proches cousins des Celtes qui peuplaient l’Europe occidentale et qui, sous un vernis latin ou germain, la peuplent toujours, les Daces étaient, comme nous, les descendants de lointaines tribus indo-européennes.
Pochade chinoise
La scène se passe à Ferney en avril 2012, à l’occasion de la fête que les habitants offrent chaque année à leur bienfaiteur. La veille, à Paris, le parcours de la flamme olympique des futurs Jeux de Pékin a été complètement perturbé par des manifestants pro-tibétains et des défenseurs des Droits de l’Homme. De loin, Voltaire observe les préparatifs, mi-amusé, mi-flatté. Un événement va pourtant l’obliger, une fois encore, à prendre parti. S’engager, la belle affaire ! Mais de quel côté ?
Rencontre en Roumanie
Depuis trente-cinq ans, à l’occasion d’un entretien avec Nicolae Ceausescu, j’ai appris à aimer la Roumanie au travers d’une femme, ma femme. Et je ne sais toujours pas, elle non plus d’ailleurs, si le seul hasard a présidé à notre rencontre ou si les services secrets de Ceausescu y ont mis leur grain de sel. Nous attendons encore le dossier dans lequel la Securitate a certainement consigné nos faits et gestes…
Gaucho 2006
Tout change, rien ne change. Je viens de retourner, après trente ans d’oubli, dans l’estancia argentine où j’avais fait mes premiers galops de gaucho, quelque part aux confins de la Terre de Feu et de la Cordillère des Andes.
Le moussem des fiancés
Dans la tribu de Ait Haddidou, il y avait deux clans irréconciliables. Isly, un jeune berger, appartenait au premier de ces clans. Il gardait tranquillement ses moutons et ses chèvres jusqu’au jour où, sur son chemin, il rencontra, escortée par sa maman et sa petite soeur, une splendide jeune fille prénommée Tislit. Vous savez comme moi que l’amour, comme un tourbillon, est capable de tout emporter sur son passage.